Depuis un bon mois, un de nos boys rush sa vie. On essaie d’être là pour lui, de jaser, de l’aider, de communiquer avec l’école pour qu’il se sente éventuellement mieux. Ce n’est pas évident car il a tendance à se fermer et à embarquer dans un cercle de négativisme…Ce matin, j’ai vu une bride de ce qui peut se passer à l’école pour lui.

En arrivant avec mon procrastineur favori qui était flush flush pour la cloche, il y avait du mouvement: deux gangs entre lesquelles il semblait avoir de la tension…  Je suis allée mener mon fils tout en gardant un oeil derrière.  La situation semblait s’envenimer jusqu’à ce que les grands commencent à lancer les plus jeunes par terre…  À un point tel que j’ai laissé bébé pour aller les arrêter.

Les adultes en chargent près d’eux étaient occupés et n’ont pas vu aller la situation.

J’ai sorti mon anglais autoritaire en regardant droit dans les yeux les jeunes.

« I don’t like what I see. Enough. »

Tout a arrêté.

Tout le monde s’est séparé et est allé en classe.

De retour vers mon bébé, l’adrénaline dans le piton, bouleversée, nous sommes rentrés.

Le bullying n’est vraiment pas un mythe

Je suis bouleversée de voir à quel point cette situation est fréquente et fait des ravages. Les enfants qui se font écoeurés sont en train de s’éteindre à petit feu.

De perdre la flamme qui les anime.

De perdre complètement leur estime en eux-mêmes.

De ne plus reconnaître leur valeur. J’espère tellement que mon intervention n’aura pas été vaine (en fait je vais aller faire un suivi à la direction une fois que j’aurai repris mon calme) et que ces enfants sentiront que les gens sont là pour eux, qu’ils méritent d’être respectés et défendus. Qu’ils ont une valeur certaine aux yeux des gens qui leur sont chers.  Pas besoin d’être aimés de tous, ce qui est important est d’être aimé par les gens qui comptent pour nous.

 Ça me brise le coeur

Et ce qui se passe du côté des grands me bouleverse tout autant.

Je ne les connais pas du tout.  Je ne connais ni leur vie, ni leur relation avec leurs parents, ni les défis qu’ils vivent, mais on s’entend pour dire qu’ils doivent en vivre des gros pour agir ainsi.

Descendre les autres pour se remonter.

 Invitation Parents, allez coller vos enfants, leur dire que cous les aimez, que vous serez là pour eux.

Vous êtes dépassés et ne savez pas quoi faire?  Parlez! Demandez de l’aide.

Être parent c’est vraiment pas facile ni évident…

C’est un investissement à long terme que nous faisons sur ces petits humains que nous aimons de tout notre coeur.  Chacun de nos gestes compte même si nous ne verrons que la portée plus tard.  C’est la somme de tous ces petits gestes qui fait qu’au final nous aurons réussi à guider, soutenir, éduquer et élever à leur plein potentiel nos enfants.

Ils ont tout un défi: trouver leur place et se développer dans ce monde en complète mutation. Ajoutez aux défis de notre jeunesse, une composante numérique non-négligeable à un certain âge et vous pouvez avoir une vague idée de ce qu’ils vivent. Alors essayons de leur alléger un peu la tâche en étant là pour eux. En prenant position lorsque nous sommes témoins ou avons connaissance de l’inacceptable. 

Ainsi nous changerons le monde, un enfant à la fois… 

Update

 En matinée, j’avais à aller au Gardening Club que j’anime, accompagnée de bébé. J’en ai profité pour aller jaser avec la direction et leur donner un peu plus d’informations sur les événements du début des classes. Ça été un plaisir de discuter avec eux et de savoir qu’ils envisagent plusieurs solutions afin d’améliorer les choses, occuper davantage ces jeunes qui ont besoin de bouger et peut-être éventuellement séparer les tranches d’âge pour éviter des conflits de la sorte.

Lors de notre discussion bébé est sorti et a commencé à jouer avec des grands qui étaient au secrétariat. Les mêmes grand que j’avais avertis plus tôt qui ont eu une récréation difficile… J’ai saisi l’occasion jaser un peu et comprendre leur point de vue. Ils étaient impressionnés de savoir que bébé parlait anglais et français, du haut de ses jeunes années. Je leur ai demandé comment ils allaient, on a échangé. Leur enseignante vient de quitter pour une durée indéterminée, leur classe étant une classe de « drama » (pas facile quand les hormones se mettent de la partie)… Avant de quitter, j’ai osé leur demander de me promettre qu’ils essaieraient d’être plus gentils, chose qu’ils ont accepté.

J’ai confiance qu’ils feront du mieux qu’ils peuvent étant donné les circonstances. Ils auront la chance de se le faire rappeler les matins et le soirs lorsqu’ils me croiseront! Sans que j’aie un mot à dire, je sais qu’ils se souviendront notre discussion.  Déjà un mois plus tard, je n’ai pas revu de chicanes entre les enfants avant le début des classes. Parce que c’est important d’oser parler, même si parfois on pense qu’on ne se mêle pas de nos affaires. 😀

À propos de l'auteur

Julie R-Bordeleau

Apprenante à vie, je suis une enseignante au secondaire retraitée devenue maman à la maison de 4 garçons, consultante et pigiste en éducation. Ma passion: apprendre de tout, de toutes les façons que ce soit individuellement ou en famille!

Via Apprendre, j'aide les enseignants et les éducateurs à découvrir les milles et une façons et ressources qui favorisent les apprentissages.

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