Pour célébrer la rentrée et la non-rentrée scolaire, j’ai eu envie d’inspirer en partageant les histoires de ces héros qui changent le visage de l’éducation à leur image. Pour ce deuxième #portraitsdehéros, j’ai la chance de m’entretenir avec Marie-Ève Boudreault. Jeune maman entrepreneure, elle est derrière le blogue JeMaterne.com, l’Académie pour parents, la formation Parents zen et a récemment coécrit le livre l’Éducation à domicile au Québec. Une maman au parcours inspirant que je suis reconnaissante d’avoir croisé sa route!

Qui es-tu? Quel est ton parcours? Quelles sont tes occupations du moment?

Je suis d’abord la maman à la maison de 4 apprenants en famille entre près de 10 et 2 ans et d’une petite étoile. On vit en famille dans une belle ville en région où on fait souvent des sorties dans la nature.

Dès que mes jumeaux sont nés, c’était important pour nous que je reste auprès d’eux pour répondre au meilleur à leurs besoins. C’est encore ma priorité #1 aujourd’hui.

Je suis aussi spécialiste en parentalité et en enfance. Je conseille les parents sur le web depuis environ 10 ans. Mon gros projet du moment, suivi par plus de 100 000 abonnés, est le site internet Je Materne: Ton blogue Famille heureuse, qui a aussi sa version anglophone internationale This Parenting Thing.

J’aide les parents et les enfants dans leur quotidien avec de la motivation, de l’inspiration, et les derniers trucs basés sur les sciences dont le maternage. J’y conseille avec des articles, une infolettre du jour, des formations numériques comme l’Académie pour parents et des livres.

Je suis co-auteure du tout nouveau livre L’éducation à domicile au Québec, avec 3 géniales mamans-éducatrices, dont toi Julie d’Apprendre, impliquées dans le milieu des apprentissages en famille.

Depuis mon adolescence, je cherchais à trouver un métier qui, par l’écriture, aiderait les gens à être plus heureux. J’étais consternée par le manque d’espoir et de joie de vivre que plusieurs ont dans ce que les anglos appellent la « Rat Race », un quotidien où le boulot et la survie au jour le jour est super pesant.

J’ai donc fait un bac. en sociologie pour mieux nous comprendre, avec une spécialisation en anthropologie et en service social.

Avec mon parcours conjugué à ma passion pour l’enfance, la parentalité, et le mieux-être, tout a pris forme jusqu’aux projets du jour!

Et bien sûr une grosse partie de mon quotidien est consacré aux super apprentissages en famille.

Parlons Éducation. Quelle est ta vision de l’éducation présentement?

En une expression: elle devrait être plus libre et stimulante pour tous!

Autant pour ceux qui vont à l’école ou ceux qui font l’éducation à domicile, j’en suis venue à la conviction qu’on devrait toujours laisser le choix aux apprenants dans leurs apprentissages. Par exemple, on devrait leur permettre un choix éclairé entre aller à l’école traditionnelle ou sinon de faire des apprentissages en famille, selon la formule que l’apprenant souhaite.

C’est la moindre des choses, c’est un respect de nos droits fondamentaux qui est bafoué sinon.

Dans nos sociétés, on a le choix de travailler ou non. Alors qu’on ne laisse pas ce choix, pour la plupart d’entre nous, à nos petits humains.

L’auteur et chercheur Peter Gray compare nos écoles actuelles à des prisons, et c’est vrai en bonne partie. Pour nos jeunes qui ne veulent pas, qui se font forcer à apprendre, oui, l’école classique est une prison. Elle dicte ce que tu dois apprendre selon ce qui convient à la société sans s’occuper de tes forces et passions. Elle te force à un horaire strict et à écouter une autorité externe non choisie. Elle t’oblige à te retrouver avec des gens avec qui tu n’as pas forcément d’affinités. Si tu ne suis pas ses règles, comme par exemple obtenir ses formations qualifiées avec diplômes, tu peux difficilement avoir accès par exemple au prestige d’un bon emploi plus tard.

Mais j’ai découvert que si on laisse la liberté à nos jeunes apprenants, si comme parent-éducateurs et guides on accepte le rôle d’être « jardiniers », de les laisser développer leur plein potentiel comme un arbre qui se déploie sans obstacles, avec un environnement propice et stimulant, les résultats sont juste merveilleux.

J’ai découvert que si on laisse la liberté à nos jeunes apprenants, si comme parent-éducateurs et guides on accepte le rôle d’être « jardiniers », de les laisser développer leur plein potentiel comme un arbre qui se déploie sans obstacles, avec un environnement propice et stimulant, les résultats sont juste merveilleux.

Marie-Ève Boudreault

On n’écorche pas ou ne stoppe pas leur potentiel.

Parce que, oui, de récentes études démontrent que la démotivation se produit avec le temps à l’école traditionnelle, et malgré les réformes, les moyennes aux tests scolaires passent tout juste la barre de 50%. Alors que pour l’apprentissage à domicile, la moyenne est de 88%, pour ceux qui font les tests.

Ce qui est génial avec les apprentissages libres?

On assiste à des jeunes qui apprennent par eux-mêmes, au rythme qui leur va, tout ce qu’ils ont besoin pour développer leur potentiel. On leur offre des racines, un environnement social qui les enrichit, et des ailes, l’option de vivre leurs passions et garder leur enthousiasme pour la vie.

Je crois que les apprentissages libres sont la voie du futur en éducation. Je pense que ça va être une des révolutions de notre siècle.

 

Comment es-tu devenue à développer cette vision? Raconte-nous un peu le processus par lequel tu es passée pour en arriver où tu en es aujourd’hui.

Cette idée remonte de loin. Plusieurs petits événements et découvertes ont façonné ma vision.

Par exemple, quand j’étais à la maternelle, j’étais frustrée qu’on ne me laisse pas apprendre à lire. Mais aussitôt que j’ai su lire, je l’ai fait avec passion. Je lisais des livres de 100 pages à 7 ans. Mon rêve d’écrire des livres ne s’est pas développé à l’école mais plutôt en fréquentant souvent les biblios municipales.

Ensuite à l’école, je me sentais encore bloquée dans mes apprentissages. Je ne comprenais pas qu’on nous réexplique plusieurs fois des trucs que je savais déjà depuis belle lurette.

Au secondaire, j’étais dans un programme contingenté d’éducation internationale mais je sentais que ça pouvait être mieux.

Je n’ai pas apprécié du tout les pertes de temps, le bullying, le manque de vraies relations sociales (tout passe en 2e après les cours) et de connexion avec les profs, les matières peu intéressantes et utiles, les quelques profs qui tirent profit de leur autorité (même s’il y a des perles de profs), la stratification sociale que l’école encourage, et plus encore.

« Come on, on peut faire mieux! » que je ressentais.

Surtout que j’avais eu vent de familles qui étaient parties faire le tour du monde en homeschooling, le rêve! Les apprentissages en famille étaient sur ma map.

Quand mon mari m’a suggéré de faire l’école à la maison, j’ai dévoré les livres sur le sujet comme Dumbing Us Down, du professeur décoré John Taylor Gator, en passant par ceux de John Holt, un leader en unschooling, de Peter Gray, auteur de Free to Learn, et de Ivan Illich, sur la déscolarisation de la société (que je recommande tous).

J’ai encore plus creusés sur les méfaits de l’école et les bienfaits d’apprendre en liberté, poussés par nos besoins biologiques, nos passions, et nos motivations intrinsèques.

J’ai découvert que, oui, les enfants étaient biologiquement poussés à apprendre par eux-mêmes, et que ça ne s’arrêtait pas après avoir appris à courir et à parler.

Non, dans un milieu riche en stimulation, un apprenant peut tout apprendre par lui-même, en observant, avec ses pairs ou comme apprenti: lire, écrire, compter, une langue seconde et bien plus!

Ces découvertes rejoignaient mon ressenti et avec le temps on s’est lancés en apprentissages libres (unschooling).

J’ai découvert sur le terrain que c’était bien vrai ces apprentissages autonomes. Un de mes fils s’est auto-enseigné à lire et écrire en français et en anglais, par exemple, avec la littératie numérique par la création de vidéos.

Mon autre fils découvre sur l’ingénierie, le design et la biologie par ses nombreux projets qui touchent à tout, en passant par la culture de fruits tropicaux à la construction de structures.

Ma fille démontre un intérêt pour s’occuper d’enfants et pourra suivre comme apprentie ce que je fais comme parent-éducateur.

S’ils suivent ces voies plus tard, ils ont déjà de bonnes connaissances d’avance et leur enthousiasme contagieux est intact.

Avec les ressources qu’on a de nos jours sur internet, atteindre la littératie, la numératie, les compétences pour un métier en apprenant libre, c’est possible.

Et ça sans forcer!

Pour le métier on peut par exemple, lorsqu’on a trouvé notre intérêt, se former par des lectures, des cours, ou comme candidat adulte à l’université. J’ai trouvé que, notamment, réussir comme écrivaine, spécialiste en parentalité et entrepreneurs web s’apprend plus rapidement par soi-même, sur le terrain, librement.

D’ailleurs, les plus riches envoient déjà leurs enfants à des écoles inspirées de ces principes, démocratiques, libres (comme Avenues – The World School à New York), ou avec des tuteurs. Ces jeunes sont éduqués librement, par projets ou passions, en ayant accès à leurs parents. Ils ont accès à une éducation supérieure à ce qui se fait à l’école publique.

En n’emboîtant pas le pas en tant que société à ces nouvelles tendances en éducation, en ne devenant pas des leaders en ce sens, on creuse encore l’écart entre les strates riches et pauvres, on ne respecte pas la majorité de nos enfants, et on se prive d’un potentiel immense!

Par exemple avec l’éducation en famille, une jeune personne qui veut suivre ses passions a tout le temps et la liberté pour le faire. Si elle veut rencontrer des amis et apprendre avec ses pairs, il y a plein de possibilités de le faire dans les nouveaux groupes d’apprentissages organisés – et elle peut toujours rencontrer ses amis scolarisés après l’horaire scolaire. Si elle veut apprendre comme apprenti, elle a l’horaire pour y arriver. Si elle veut aller suivre un parcours académique à l’université, elle a la possibilité de faire reconnaître son parcours, comme réussir les examens du ministère de l’Éducation pour recevoir un diplôme secondaire ou entrer à l’université comme candidat adulte.

 

Par quels moyens ou réalisations en es-tu venue à inspirer les gens à voir l’Éducation autrement?

 

D’abord en pratiquant moi-même les apprentissages libres avec ma famille.

J’ai partagé mon parcours sur mes sites web, publié des textes de collaboratrices en ce sens, et incité des parents à suivre cette voie.

Et pour permettre au mouvement de prendre plus d’ampleur et pour éclairer sur l’éducation libre, à domicile, on lance en ce moment notre livre sur L’éducation à domicile au Québec: tout ce que tu dois savoir sur l’école-maison, le unschooling, les apprentissages en famille et les autres alternatives au milieu scolaire.

 

On l’a écrit pour qu’il réponde à la fois à toutes les interrogations que les gens du milieu ont, qu’il rassure, dans un format facile et inspirant à dévorer.

Je pense que c’est important de faire circuler les infos sur le sujet, pour en finir avec nos problèmes de sociétés avec les malaises de la jeunesse.

J’imagine une société plus riche d’apprenants qui ont grandi inspirés, pleins de passions et de compétences, enracinés dans leur milieu, et leaders de changements respectueux, comme eux ont été respectés.

Si t’es un parent ou un apprenant intrigué sur le sujet, que tu veux savoir comment y arriver en toute légalité, ou que t’es simplement curieux d’en savoir plus, je te recommande vivement notre livre. Il est pensé pour le Québec mais la majorité du livre s’applique n’importe où dans le monde. Je ne peux juste qu’aborder le sujet en aperçu ici, mais les références nommées dans l’entrevue s’y retrouvent.

Je cache mal ma passion sur le sujet! Comme auteures de ce livre, nous sommes d’accord que c’est LE livre que nous aurions aimé avoir lors de nos débuts.

Avec tout son potentiel, je ne serais pas surprise que le sujet de l’éducation à domicile devienne une passion pour plusieurs autres familles et acteurs du milieu des apprentissages aussi!

 

Procure-toi le livre ici

Éducation à domicile au Québec: tout ce que tu dois savoir sur l’école-maison, le unschooling, les apprentissages en famille et les autres alternatives au milieu scolaire: http://educationadomicile.com/

 

Reçois de l’inspiration quotidienne gratuite ici

Pour être inspiré à chaque jour dans ta vie de famille, rejoins la Masterclass gratuite de Je Materne à: http://jematerne.com/3-guides-gratuits

 

 

Pour se procurer le livre L’ÉDUCATION À DOMICILE AU QUÉBEC (lien affilié)

 

À propos de l'auteur

Julie R-Bordeleau

Apprenante à vie, je suis une ex-enseignante, maman à la maison de 4 garçons et pigiste en éducation. Ma passion: apprendre de tout, de toutes les façons que ce soit individuellement ou en famille!

Via Apprendre, j'aide les enseignants et les éducateurs à découvrir les milles et une façons et ressources qui favorisent les apprentissages.

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