Dans la vie, il y a de ces gens qui t’accueillent à bras ouverts en toute confiance dès le départ. Julie Chamberland est une de ces personnes pour moi. Alors que j’étais tranquillement en train de me réconcilier avec le milieu scolaire, elle est entrée dans ma tribu. Elle m’inspire beaucoup car, avec son grand coeur, elle a partage ses expériences et s’implique avec générosité pour la cause. 

C’est derrière des projets comme #MathPourVrai, la ludification de la vie en classe à l’aide de Classcraft et l’implantation de sa classe iPad à son école, que pour moi elle fait partie de ces profs innovants qui me font croire qu’il est possible de faire évoluer l’école vers quelque chose de beau qui réponde pour vrai aux besoins de nos futurs citoyens. 

Je suis donc très heureuse de vous inviter à la rencontre de Julie Chamberland!

Qui es-tu? Quel est ton parcours?

Julie Chamberland ou Madame Julie C. Je suis née dans la belle région de Charlevoix où j’ai grandi avec mes parents et mes deux soeurs, puis j’ai déménagé à Québec pour mes études, où j’ai rencontré l’homme de ma vie. C’est ainsi que je me suis installée dans les environs à long terme. On a deux filles, Angélik et Ophélyane, qui ont 8 et 5 ans.

J’ai toujours bien réussi à l’école et j’ai fait toutes les options math et sciences au secondaire, mais j’ai passé quelques temps au cégep à chercher ma voie. J’ai commencé en sciences humaines puis j’ai fait quelques cours en administration et une session en technique informatique, pour finalement revenir aux sciences humaines (même pas de math!). J’ai ensuite fait un bac de 4 ans en éducation au préscolaire et enseignement primaire où j’ai rencontré des amies qui me sont très chères encore aujourd’hui.

J’ai travaillé pendant mes études :

  • Au Camp du Faubourg, avec un patron et des moniteurs plus que passionnés à l’idée d’avoir un impact positif sur les jeunes;
  • Dans une boucherie, où je sentais que je faisais partie de la famille;
  • Dans un dépanneur, où j’ai eu plusieurs occasions de rire avec des collègues et surtout d’apprendre au côté d’une boss en or et tellement travaillante!

À la fin du bac, 2005, le doute s’est installé… j’avais peur d’être obligée d’entrer dans un moule, d’évoluer dans un cadre rigide dans lequel je craignais d’étouffer… J’aimais l’école, mais je n’étais pas certaine qu’elle, elle m’aimerait. Ça a donc pris 3 ans avant que je sois vraiment un prof (2008). Grâce à Danielle, ma mentor, j’ai appris à ne plus douter. J’ai obtenu ma permanence au début de l’année 2013-2014 et j’avais eu du temps pour « faire mes classes », j’étais prête. En 2015-2016, j’ai eu la chance de collaborer avec Annie et Sébastien, des collègues (mais surtout des amis), pour implanter des classes iPad dans notre école.

Parallèlement, j’ai toujours continué à apprendre, à cheminer professionnellement en devenant « une meilleure version de moi-même » (c’est comme ça que j’explique la persévérance quand je parle à mes enfants). J’ai fait un diplôme de deuxième cycle pour pouvoir devenir directrice d’école. Une fois terminé, j’en ai entamé un autre en technologie éducative. Je me suis aussi énormément investie dans ma formation continue en participant à des colloques et en réseautant avec plusieurs acteurs du milieu de l’éducation. Mon réseau est très grand et quelques-unes de ces personnes sont devenues des amis vraiment proches.

J’ai vécu le projet classes iPad pendant deux belles années, puis j’ai saisi une opportunité de travailler au Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur dans l’équipe du Plan d’action numérique, comme « prêt de services» (2017). J’ai donc laissé derrière des gens, un projet et une école que j’adorais pour continuer d’évoluer dans une nouvelle équipe, auprès d’une patronne et de collègues extraordinaires, en plus d’élargir considérablement mes horizons. Les gens là-bas sont fantastiques, brillants et tellement compétents. Ils ont vraiment à coeur le milieu scolaire. J’ai appris énormément et je pense (j’espère) avoir apporté beaucoup par mon expertise terrain, mes compétences en technopédagogie et mon dynamisme un peu (beaucoup) contagieux.

 

Quelles sont tes occupations du moment?

Ouf, la liste pourrait être longue. Ma famille étant ma priorité absolue, je dirais qu’être maman, lire des histoires à voix haute, jouer dans la neige et placoter avec mes filles et mon amoureux occupe la majeure partie de ma vie. Ça et passer du temps avec mes amis, chanter dans des karaokés maison, faire du ski alpin, cuisiner, lire, lire et lire… parfois des notes de cours, car je continue mes études en technologie éducative.

Je sais, je sais, je parle beaucoup! Je disais donc que je travaillais au MEES et que les gens y sont fabuleux, mais j’ai toujours su que ce n’était qu’un passage et voilà que je suis sur une toute nouvelle voie : je suis actuellement en transition professionnelle. Oui, un autre défi! Ça n’est pas étourdissant, bien au contraire, je dirais que c’est exaltant. À la bonne place, au bon moment.

Depuis le 3 décembre, je suis la directrice générale de l’association Edteq, qui regroupe plus d’une soixantaine d’entreprises et oeuvre à favoriser la réussite des élèves québécois en tirant profit du numérique. C’est pour moi une opportunité extraordinaire et je dois, encore une fois, laisser derrière des collègues que j’apprécie énormément.

Je suis qui, finalement? Une personne parmi tant d’autres, qui aime tisser des liens et faire tomber des barrières, qui carbure aux défis et à l’action. J’espère avoir été claire dans ma subtilité : j’ai parlé de moi, mais j’ai aussi parlé des gens. Pas de tous ceux que j’ai croisés, bien entendu, mais je sais que sans ces personnes inspirantes que je croise sur ma route, mon chemin ne serait pas aussi agréable à découvrir et c’est très important pour moi de le nommer.

Parlons Éducation. Quelle est ta vision de l’éducation présentement?

L’éducation ça dépasse les murs de l’école, ça commence dès la naissance, voire dans le ventre d’une maman. La vie, en fait, c’est apprendre, toujours, à la moindre occasion. Si la famille est le coeur de l’éducation, l’école en est probablement les poumons. Elle donne une bouffée d’air, est là pour “inspirer”… inspirer les jeunes à vouloir découvrir le monde et à se dépasser, inspirer les plus grands à rester jeunes. L’idée c’est de connaître la vie, ce qui nous entoure, pour mieux se connaître soi-même et comprendre notre rôle, à la fois unique et complémentaire avec les autres. La famille, l’école, la communauté, la société et les liens entre tous ces éléments, c’est ça l’éducation. Ma réponse est plus philosophique que pratique et j’aurais pu parler des classes flexibles, du numérique, de l’amour de la lecture, de faire des maths pour vrai, des compétences du 21e siècle, de la classe extérieure, des devoirs et leçons (pas!), de l’importance du leadership, de repenser l’évaluation… des idées et des convictions j’en ai plein, elles n’ont de cesse d’évoluer. Mais quel est le fil directeur dans tout ça, l’élément essentiel en éducation? Le facteur humain, l’attachement qui se développe entre les gens, l’espace qu’on laisse aux élèves pour se développer et croire en eux.

Comment es-tu venue à développer cette vision? Raconte-nous un peu le processus par lequel tu es passé pour en arriver où tu es aujourd’hui. 

Je pense avoir répondu à cette question avant même de la connaître. Je ne veux pas faire une liste de gens, pas parce qu’ils ne le méritent pas, mais parce qu’ils le méritent trop… Je craindrais d’oublier quelqu’un qui, pourtant, aura eu un impact certain sur qui je suis. Et cette vision d’aujourd’hui ne sera pas la même demain, elle se développe se façonne et je la découvre chaque jour un peu plus. Ces gens, je les suis, je les lis, je les connais un peu ou beaucoup, je les aime et je les admire. Pas besoin de les nommer, ils le savent et se reconnaissent. Parce qu’il faut absolument se le dire, à la façon de Jean-Pierre Ferland “une chance qu’on s’a”.

Pour les livres, je vais oser quelques suggestions. J’aurais aimé tenir un registre de mes lectures, juste pour en voir l’ampleur, mais il est un peu tard pour ce rattrapage. J’ai déjà dit que je lis beaucoup. En faisant un calcul rapide, je pense avoir dépassé le cap du millier de livres lus depuis ma 5e année (c’est là que tout a commencé). Tout de même, plusieurs livres ont marquée la personne et la pédagogue que je suis aujourd’hui (ce ne sont pas des thèses universitaires, n’en déplaise aux plus rigoureux d’entre nous). Ma relation avec la lecture est davantage une question d’émotions. En voici quelques-uns :

  • Apologie de Socrate de Platon (je sais, ça surprend!);
  • Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry;
  • Topaze de Marcel Pagnol (c’est une pièce de théâtre);
  • Chagrin d’école de Daniel Pennac;
  • Conversation avec un enfant curieux de Michel Tremblay;
  • Le gang des rêves de Luca Di Fulvio;
  • Les Barbares d’Alessandro Baricco;
  • Sapiens et Homo Deus de Yuval Noah Harari;
  • J’en oublie sûrement;
  • Et bien d’autres à venir.

 

Par quels moyens ou réalisations en es-tu venue à inspirer les gens à voir
l’Éducation autrement?

J’ai grandi avec des parents qui ont toujours su croire en moi et m’amener à me dépasser, c’est déjà un bon départ. Je pense qu’ils nous ont transmis des valeurs solides pour avancer dans la vie et avoir un impact positif et bienveillant sur les autres.

En  éducation, j’ai la chance de faire partie d’un tout, qui est à la fois très solide et en constant mouvement. Les gens m’inspirent, je les inspire, je pense que tout est une question de confiance (en soi et en autrui). Ça a vraiment commencé pour moi en mai 2014, alors que je me suis inscrite au EdCamp à Québec. Je suis carrément tombée dedans, à la manière d’Obélix dans la marmite de potion magique. Il faut dire que  j’ai toujours eu un côté social assez développé, j’avais trouvé la recette idéale, celle qui me permettrait d’être plus forte à chaque jour : le contact avec les gens de mon espèce.

Les réseaux sociaux (particulièrement Facebook et Twitter) sont devenus très importants dans ma vie professionnelle et j’ai saisi plusieurs occasions de développement, qui m’ont amenée à la rencontre réelle de mon monde virtuel. Et comme j’ai tendance à parler beaucoup et à donner mon opinion, mon petit côté audacieux m’a amenée à faire ma place (et à en laisser aux autres).

Merci Julie de m’avoir donné la chance de répondre à tes questions et, par la même occasion, d’en apprendre plus sur moi-même!

 

Pour en découvrir davantage:

Le PAN, auquel j’ai étroitement contribué et dont je resterai une fière ambassadrice : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/ministere/PAN_Plan_action_VF.pdf

Edteq, mon nouveau défi : https://edteq.ca/

Mon blogue, que je me promets de recommencer à nourrir : http://mmejuliec.blogspot.com/

Mon fil Twitter : https://twitter.com/MmeJulieC

 

 

À propos de l'auteur

Julie R-Bordeleau

Apprenante à vie, je suis une ex-enseignante, maman à la maison de 4 garçons et pigiste en éducation. Ma passion: apprendre de tout, de toutes les façons que ce soit individuellement ou en famille!

Via Apprendre, j'aide les enseignants et les éducateurs à découvrir les milles et une façons et ressources qui favorisent les apprentissages.

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