Pour célébrer la rentrée et la non-rentrée scolaire, j’ai eu envie d’inspirer en partageant les histoires de ces héros qui changent le visage de l’éducation à leur image. Pour cette première entrevue Portrait de héros, j’ai la chance de m’entretenir avec Marie-Noelle Marineau, du blogue Marginale et heureuse. Marie-Noelle est une maman de deux jeunes garçons qui font les apprentissages en famille. Son conjoint et elle sont travavailleurs autonomes. Elle est également coauteurde notre livre sur l’éducation à domicile.

Qui es-tu? Quel est ton parcours? Quelles sont tes occupations du moment?

Je suis une femme de 33 ans qui a passé 18 ans sur les bancs d’école (je ne calcule pas ma maternelle, parce que dans mes souvenirs, nous n’étions pas si souvent sur un banc). Je suis maman de 2 enfants de 5 et 7 ans, non scolarisés. Je gagne ma vie avec l’écriture en tout genre: j’ai 2 blogues, je collabore à d’autres plateformes web, j’ai coécrit un livre sur l’éducation à domicile et mon premier roman graphique jeunesse sortira en novembre.

Je m’implique également pour la cause de l’éducation à domicile au Québec en étant sur le conseil d’administration de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED), en ayant lancé de Mois de la sensibilisation aux apprentissages en famille et en écrivant régulièrement sur le sujet.

Parlons Éducation. Quelle est ta vision de l’éducation présentement?

Pour moi, l’éducation réfère à l’ensemble des notions qu’une personne peut acquérir sur des sujets divers. Je pense que l’éducation doit être continue pour tous; pour ma part, j’adore continuer à acquérir des connaissances sur les sujets qui me passionnent!

Surtout, l’éducation est quelque chose de différent de l’école. Dans notre société, on associe immédiatement qu’une éducation s’acquiert grâce à l’école, mais c’est assez moderne comme façon de penser et plutôt faux. L’école est un endroit où les enfants peuvent se rendre pour recevoir une éducation dispensée par une personne autre que son parent, mais ce n’est pas le seul endroit où les enfants peuvent s’éduquer.

On peut apprendre partout et si possible, dans le plaisir. On peut apprendre en voyageant, on peut apprendre en cuisinant, on peut apprendre en jouant et en vivant tout simplement.

Comment es-tu venue à développer cette vision? Raconte-nous un peu le processus par lequel tu es passé pour en arriver où tu es aujourd’hui.

Je ne peux vraiment l’expliquer, mais dès que j’ai su que j’attendais mon premier enfant, je savais que je souhaitais lui offrir une éducation différente. J’en ai parlé avec mon conjoint afin qu’il puisse commencer à y penser, à lire sur le sujet. Je m’imaginais installée à la table de la cuisine, un grand tableau sur le mur, à donner des leçons à 6 enfants…

Plus je lisais sur les différentes façons d’acquérir une éducation, plus je me sentais interpellée par les façons de faire qui sont plus libres; qui partent de l’enfant, de ses intérêts, de ses passions. Qui laissent la curiosité naturelle de l’enfant diriger ses apprentissages.

Et pour les personnes moins familières avec le concept, je tiens à mentionner que c’est tout le contraire de « ne rien faire en tant que parent »… Pour que l’enfant puisse apprendre, il faut un ou des parents très présents. Il faut un environnement stimulant. Il faut être capable de répondre aux besoins de l’enfant, de chercher avec lui les réponses à ses questions s’il a besoin de notre aide, de sortir de la maison et partir à la recherche de réponses et d’expériences si nécessaire.

Ma vision a également beaucoup évolué à simplement observer mes enfants, comprendre comment ils apprennent, comprendre quand ils ont besoin de mon aide, quand ils peuvent faire par eux-mêmes.

Par quels moyens ou réalisations en es-tu venue à inspirer les gens à voir l’Éducation autrement?

Quand nous avons officiellement fait le choix de ne pas utiliser le système scolaire pour l’éducation de nos enfants, j’étais un peu réticente à en parler. Les jugements fusaient déjà de partout; en même temps, je comprends que ça puisse être inquiétant pour des gens qui ne connaissent pas ça.

Éventuellement, je me suis sentie assez confiante pour écrire à ce sujet sur mes blogues Marginale et heureuse et Mamans Zen. La réponse était bonne, je recevais des questions pertinentes, des gens simplement curieux, qui ne savaient pas que c’était possible, que c’était légal (parce que notre gouvernement ne fait pas de grandes publicités pour rendre cette information disponible, bien entendu).

Puis en l’espace d’un an, j’ai commencé à être bénévole pour l’AQED, j’ai eu l’idée de lancer le Mois de la sensibilisation pour les apprentissages en famille, j’ai joint le conseil d’administration de l’AQED et j’ai eu l’idée d’écrire un livre de type « 101 » sur l’éducation à domicile au Québec. Pas nécessairement dans cet ordre…

J’ai changé ma mentalité de « il faut que je me cache pour ne pas me faire juger » par « plus je me montre, plus les gens sauront ce que c’est réellement ».

Pour lire Marie-Noëlle, il est possible de le faire à différents endroits:

 Marginale et heureuse: http://www.marginaleetheureuse.com

Pour précommander son roman-BD jeunesse La Clique Alpha: https://www.marginaleetheureuse.com/la-clique-alpha/

Livre L’Éducation à domicile au Québec: Tout ce que tu dois savoir sur l’école à la maison, le unschooling, les apprentissages en famille et autres alternatives au milieu scolaire: https://amzn.to/2MNldhZ 

 

À propos de l'auteur

Julie R-Bordeleau

Apprenante à vie, je suis une ex-enseignante, maman à la maison de 4 garçons et pigiste en éducation. Ma passion: apprendre de tout, de toutes les façons que ce soit individuellement ou en famille!

Via Apprendre, j'aide les enseignants et les éducateurs à découvrir les milles et une façons et ressources qui favorisent les apprentissages.

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