Cette semaine, j’ai la chance de publier un homme inspirant en ce qui concerne l’éducation « hors du cadre scolaire ». Je l’ai rencontré lors du dernier congrès de l’AQED (Association Québécoise de l’Éducation à Domicile) et nous avons eu une discussion très intéressante sur la liberté. Il m’était donc tout naturel de lui proposer tribune ici pour ce Portrait de héro! Je vous présente donc M. Thierry Pardo, chercheur et auteur, mais surtout un homme libre.

Qui êtes-vous? Quel est votre parcours? Quelles sont vos occupations du moment?

Qui êtes-vous? Il semble que l’on passe une vie à tenter de répondre à cette question!

Sans doute que trouver le mode d’emploi de soi-même est un début de réponse. Voilà pourquoi je recherche et je communique au travers de mes livres et de mes conférences la liberté éducative.

En effet, comment découvrir qui nous-sommes si nous devons nous contorsionner pour entrer dans un cadre préétabli? Mes occupations du moment sont centrés autour du temps que je peux passer avec mes garçons Lylhèm et Eÿkèm et autour des livres que j’écris pour célébrer la liberté et le voyage. Je suis également occupé par mes présentations, je reviens d’une tournée dans le sud de la France et en Corse pour présenter les atours d’une posture libertaire en éducation.

Parlons Éducation. Quelle est votre vision de l’éducation présentement?

Je ne sais pas si je suis habité par une vision au sens ou pouvaient l’être les grands pédagogues. Ils ont alors créé des lieux où pourrait prendre corps cette vision. Je crois être plus en lien avec une attitude vis-à-vis de l’enfance. Cette attitude n’a pas besoin d’un sanctuaire pour exister, elle peut se manifester partout.

Je crois que les enfants sont fondamentalement plus ouverts, plus conciliants, plus curieux que nous et que cette énergie vitale fait peur à beaucoup d’adultes. Ils la voient comme un poulet sans tête auquel il faudrait urgemment donner un cadre, une discipline.

Je pense que cette énergie est un cadeau, que c’est un feu à ne pas éteindre.

Je n’ai pas peur des enfants, de leur énergie, de leurs envies… à partir de cette attitude je peux sereinement les accompagner en leur faisant confiance et en profitant des bons moments ensemble.

Comment êtes-vous venu à développer cette vision? Racontez-nous le processus par lequel vous êtes passé pour en arriver où vous êtes aujourd’hui. 

J’ai commencé à travailler avec des enfants en 1993. Bien sûr à l’époque, je me cachais derrière mon statut d’adulte, mes fiches, mon contenu à faire passer… et puis j’ai appris à écouter, à aménager, à bricoler ces instants où l’on est du côté de l’enfant, à son rythme.

Mon parcours universitaire en maîtrise ou doctorat ne m’a guère appris.

La fréquentation de trop rares professeurs ayant compris l’importance de la relation m’a par contre beaucoup inspiré. Par mes occupations j’ai la chance de fréquenter beaucoup de gens dont j’ai les livres, ils sont nombreux mais citons à titre d’exemple Bernard Collot, André Stern, Peter Gray, Charles Caouette…

Et plus loin encore je suis soutenu dans mes fondements par Ivan Illich bien sûr, H-D Thoreau, Krishnamurti…

Par quels moyens ou réalisations tentez-vous d’inspirer les gens à voir l’Éducation autrement?

Je ne suis pas très doué pour l’entretien des outils informatiques, c’est dans mes livres que je communique le mieux. Ils génèrent des conférences, ateliers, formations à travers la francophonie.

Mais peut-être que le plus important est d’être cohérent dans ma façon d’être, de laisser à voir une existence, une relation avec mes enfants et avec les autres assez proche de celle que je défends dans mes mots.

Je crois que mon expérience de papa est de nature à inspirer un peu les gens qui sont encore aux prises avec leurs peurs de parents et ont du mal à laisser les enfants être ce qu’ils sont. Mes conférences rassurent un peu je crois, mais on peut écrire tous les livres qu’on veut, ce ne doit pas être au détriment du livre de sa vie.

Aujourd’hui je trouve important de dire que la liberté est une entreprise collective, on ne partage pas les moments de liberté comme s’il s’agissait d’un gâteau où nos parts seraient en concurrence. Plus ma part sera grosse et plus la tienne sera petite.

Je ne suis pas en concurrence avec mes enfants dans nos aspirations au temps libre, je suis de leur côté et nous les vivons ensemble. Voilà ce qui, je crois, devrait être compris par les parents, professeurs, éducateurs…

mais le plus souvent les adultes subissent leur vie et trouvent normal d’éduquer leurs enfants à subir la leur. C’est une impasse philosophique et existentielle et cela me rend triste. Alors j’essaye de souffler un peu le vent de la révolte.

Pour en découvrir davantage sur M. Pardo, je vous invite à consulter son site web: http://uneeducationsansecole.com/

 

Pour se procurer les oeuvres de M. Pardo

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À propos de l'auteur

Julie R-Bordeleau

Apprenante à vie, je suis une ex-enseignante, maman à la maison de 4 garçons et pigiste en éducation. Ma passion: apprendre de tout, de toutes les façons que ce soit individuellement ou en famille!

Via Apprendre, j'aide les enseignants et les éducateurs à découvrir les milles et une façons et ressources qui favorisent les apprentissages.

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